Archives mensuelles : décembre 2014

A la recherche des ses origines…

Je viens de terminer la lecture des registres de la correspondance municipale de St-Omer pendant la Révolution. Ces registres comportent beaucoup d’informations sur la vie à St-Omer pendant cette période. Il y a aussi quelques courriers plus ou moins curieux. Ci-dessous, le relevé d’une lettre qui a attiré mon attention :

Copie de la lettre du maire de St-Omer au Sr VIARD, chez Mr COMPLOI, négociant à Plaisance, Italie (réf. 8237 – décembre 1814 – Bibliothèque de St-Omer)

Je vous transmets les renseignements que je me suis procuré d’après la demande que vous me faites par votre lettre du 7 novembre dernier par laquelle vous désirez connaître les auteurs de vos jours, ainsi que le lieu de votre naissance.

Vous êtes né au Cap, Isle de Saint-Domingue ; vous êtes enfant naturel de Magdelaine VIARD, femme de couleur libre ; votre père naturel, le Sr Nicolas HUET, négociant au Cap, y est décédé en 1791. Il était natif du Mout.

En 1790, Mr BERQUEZ, capitaine de navire, commandant alors le navire la Minerve, se trouvant au Cap, logé chez Mr Nicolas HUET, à qui il était cousigné, il vous y a vu alors âgé de 7 à 8 ans à son départ du Cap, le Sr Nicolas HUET vous envoya à son bord et par une lettre du 2 août 1790, il le prie d’avoir soin de vous mettre en pension en France, qu’il lui tiendrait compte de ses débours. A son arrivée à Dunkerque, il vous conduisit à St-Omer et vous mit en pension chez Mr BERNOUX, sous le nom de Nicolas VIARD. Mr BERNOUX est mort à Dunkerque il y a environ deux ans ; mais sa veuve se souvient parfaitement qu’en 1790, un jeune mulâtre a été mis en pension chez eux par Mr BERQUEZ elle croit se rappeler qu’il avait pour surnom Bien Aimé.

En 1791, Le Sr BERQUEY se trouvant de nouveau au Cap, remit à Mr Nicolas HUET, son compte de débours dans lequel était comprise la pension du jeune VIARD ; mais ses affaires l’ayant appelé au Port de la Paix, à son retour au Cap, il a appris la mort du Sr Nicolas HUET qu’une maladie avait enlevé en 48 heures.

A la levée des scellés, on a trouvé chez lui un testament daté de 1785, époque d’un voyage qu’il avait fait en France ; mais il n’y était nullement question du Sr VIARD : l’exécuteur testamentaire n’ayant pas voulu en prendre charge, vu l’état de trouble où se trouvait la colonie, la succession tomba entre les mains du Procureur aux vacances. Comme le Greffe du Cap a été incendié dans la Révolution, ce n’est qu’au Ministère de la Marine que vous pourrez vous procurer votre extrait de baptême. Selon toutes les apparences, vous aviez un frère et une sœur au Cap : en y faisant prendre des informations, peut-être parviendrez-vous à les découvrir.

P.S. Lorsque le Sr VIARD est sorti de la pension du Sr BERNOUX, il est entré à Dunkerque au service du Sr BAREME, négociant, qui l’a ensuite cédé à un officier d’infanterie de ligne qui était logé chez lui. Le Sr BAREME est actuellement à la Martinique.

Note sur le Sieur BERNOUX : Des recherches sur les instituteurs de St-Omer, lors de la Révolution, m’avaient amené à m’intéresser à un Antoine BERNOUX et à découvrir qu’il y avait deux Antoine BERNOUX, qui étaient frères et originaires de Jouhe, département du Jura. Celui qui est mentionné dans la lettre ci-dessus était le plus âgé. En 1792, il était membre de la Société Populaire de St-Omer. Il avait alors pour profession négociant. L’indication ci-dessus sur le lieu de décès m’a permis de retrouver l’acte de décès sur les registres de Dunkerque : le 6 septembre 1813.

Les informations sur les BERNOUX nous amènent à l’hypothèse suivante : le ‘Mout’, lieu de naissance de Nicolas HUET pourrait être en fait Mouthe, une commune du Jura.

Parmi les travaux en cours, il y a de nouvelles recherches dans les relevés par Charles DE WITTE du cartulaire de St-Bertin

  http://bibliotheque-numerique.bibliotheque-agglo-stomer.fr/

Je recopie actuellement les actes relatifs à Herbelles, pour tenter de remonter certaines branches de ma généalogie. Dans l’un des actes recopiés, datant de 1499, je viens de trouver un Hotinet ALHOIE, demeurant à Pihem. Or, je venais de mettre à jour une fiche que j’avais établie sur les ALHOY en annexant à ma fiche toutes les informations dont je disposais sur les ALHOY vivant au 16ème siècle dans la région de St-Omer. Et, il n’y avait pas ce Hotinet.

Il me faut maintenant mettre à jour cette fiche

http://bchovaux.fr/Noms/62-ALHOY.pdf

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Nouvelle recherche généalogique

Un fil de GenNPDC sur les CORNUEL x FRAMERY m’a amené à regarder à nouveau les données sur les CORNUEL. Je n’avais pas prêté grande attention au complément apporté par Michel CHAMPAGNE dans le Tome 2 des Vieilles Familles du Boulonnais et du Hautt Pays (GGRN / AM 474 sur les CORNUEL. Une petite recherche sur Geneanet a fait apparaître des informations que je n’avais pas, dont la date de mariage des parents de Nicolas HERMAND, marié à Marie CORNUEL, Claude HERMAND et Anthoinette FAUQUET. Je me suis mis en rapport avec le généalogiste qui avait mis en ligne cette information. Il ne put me fournir de suite les informations.

Dans l’un des messages de GenNPDC, un relevé de Georges HENGUELLE, curé d’Embry, était évoqué. Il me semblait l’avoir consulté au début de mes recherches au Comité d’Histoire du Haut-Pays (CHHP), lorsque je croyais, sur la base d’une généalogie imprimée, Nicolas HERMAND, mari de Marie Anne CORNUEL, fille de François et de Marie CUVILIER; mais, lors de nouvelles recherches, après avoir découvert que la femme de Nicolas était fille de Jacques et de Marie FRAMERY, je ne l’avais pas trouvé. Par un courriel, j’ai pu obtenir des informations d’un correspondant ayant travaillé sur les CORNUEL, informations issues du relevé de Georges HENGUELLE et corroborant les informations Geneanet.

Je suis retourné au CHHP et aux archives du Pas-de-Calais pour tenter de trouver une copie complète des relevés de Georges HENGUELLE. Dans la salle des archives du PdC, près de la préfecture, aujourd’hui déserte, j’ai recherché les relevés d’Embry en libre-service. Et, sur un classeur, j’ai trouvé une mention relative aux relevés que je cherchais et indiquant que le registre est manquant depuis un certain temps (sa cote figure toujours dans la base informatique des AD). Je ne les ai pas non plus retrouvés au Comité d’Histoire du Haut-Pays (CHHP – Fauquembergues).

Mercredi dernier, à la Bibliothèque de Saint-Omer, où je poursuivais ma lecture des registres de la correspondance municipale (je suis arrivé à la Restauration : le maire, après avoir plusieurs fois célébré Napoléon, fait l’éloge des Bourbon), j’ai évoqué mes recherches aux AD. Le bibliothécaire me sortit alors un ouvrage qu’il connaissait sur l’histoire d’Embry. Il s’agissait d’un exemplaire tapé à la machine et rédigé par Georges HENGUELLE.

Et, dans cet exemplaire, il était question de la guerre de trente ans et d’habitants d’Embry, réfugiés à Fressin, et victimes en 1636 d’une épidémie (à l’époque, la peste faisait encore des ravages). Dans la liste des décédés, il y avait Sébastien FRAMERY et un peu loin Claire DU QUESNOY, veuve FRAMERY. Dans les BMS de Fressin, qui, maintenant, sont consultables en ligne, j’ai retrouvé les actes de sépulture.

Ci-dessous un extrait de l’ouvrage de Gérard HENGUELLE, curé d’Embry, Histoire de la paroisse d’Embry

Conquête de l’Artois

Vers 1635, la France s’engageait à son tour dans cette guerre de 30 ans et par leurs victoires, ses rois allaient ajouter un des plus beaux fleurons à leur couronne : la province d’Artois.

La Meilleraye, maréchal des armées françaises, vint mettre le siège devant Hesdin et ses troupes durent parcourir les pays d’alentour.

Sans doute pris de panique, nombre d’habitants d’Embry, de Rimboval, d’Hesmond, d’Offin et même d’Humbert (1) se réfugièrent à Fressin. (2)

Pour comble d’infortune, une épidémie (peste, choléra, typhus ?) ne tarda pas à se déclarer parmi les réfugiés et fit d’énormes ravages.

Le prêtre qui desservait alors Fressin, l’abbé de Bomy, a consigné tous les décès de cette époque, accompagnés souvent d’une simple remarque mais combien significative !. Dans ce nécrologue, la liste des réfugiés d’Embry n’est que trop longue ; qu’on en juge plutôt :

  • ‘’30 novembre 1636, jour de St-André – Katherine Cobon, jeune femme d’Embry, icy réfugiée à cause de la guerre.
  • Le jour des Rois, mourut à Fressin, Jean Thorel d’Embry, laissant huit orphelins.
  • Le 13 janvier, Jean Thorel d’Embry, laissant huit orphelins.
  • Le 6 janvier, à Fressin, Pasquette Carpentier de la paroisse d’Embry.
  • Le 5 février, Sébastien Framery de la paroisse d’Embry.
  • Le 14 février, Jacques Troussel, laissant sept ou huit enfants, ils étaient de la paroisse d’Embry.
  • Le 22 mars, Jacques Douzene d’Embry.
  • Le 6 avril, Claire du Quesnoy, e vico d’Embry, femme de feu Framery.

(…)’

(1) N’oublions pas qu’Humbert faisait partie de l’Artois.

(2) Le souvenir des horreurs exercées par les armées françaises, cent ans plus tôt, n’était sûrement pas oublié.

Suite à ces recherches, j’ai mis à jour les deux fiches que j’avais établies sur les HERMAND et les FRAMERY :

http://bchovaux.fr/Noms/62-HERMAND.pdf

http://bchovaux.fr/Noms/62-FRAMERY-Embry.pdf

Nota. Dans Paroisses et Communes de France, Pas-de-Calais (1975), il est indiqué pour Embry

Registre paroissiaux

AC          B 1668-1684, 1686-1898, M 1668-1696, B 1680-1697, BMS 1697-1792

AD          BMS 1737-1792

 

Sur le site en ligne des AD62, il n’y a pas les BMS des AC antérieurs à 1704. Par contre les deux versions des BMS établis à partir de 1737 figurent.

La rivalité entre Saint-Omer et Arras

« Le chef-lieu définitif de la nouvelle région (sera) pris par décret en conseil d’Etat avant le 1er juillet 2016 après avis du conseil régional » (citation du projet de loi publiée par le journal Le Monde du 20/11/2014. Lille sera-t-elle la capitale de cette nouvelle région ? Elle est actuellement le chef-lieu du département le plus peuplé de cette région qui va compter plus de 6 millions d’habitants. Mais elle est plutôt excentrée : plus de 150 km la sépare de Beauvais * (194 km par autoroute).

L’intérêt de ce découpage me laisse dubitatif. Peut-il concourir à l’essor économique de l’ensemble du territoire ? La représentation des différentes parties de ce territoire va être diluée dans la nouvelle assemblée régionale qui va être constituée. Cette réforme ne me semble pas aller dans le sens du développement de la démocratie.

Dans la lecture que j’ai entreprise de la correspondance municipale de St-Omer, il y a beaucoup de courriers relatifs au découpage des départements et des prérogatives de leurs chefs-lieux. Il y eut, en particulier, une longue lutte opposant Arras et St-Omer. Ci-dessous un courrier écrit par le maire de St-Omer.

Copie de la lettre du 14 février 1812 à Monseigneur le Ministre Secrétaire, le Comte DARU

(Correspondances Municipales de St-Omer – MS1436 – n° 5595)

Il faut avoir la conviction bien acquise de votre bienveillance pour oser réclamer l’un de vos instants, puisque tous sont consacrés à des intérêts de la plus haute importance ; mais, vous avez habité St-Omer. L’aménité qui vous caractérise vous a concilié l’amour de ses habitants, j’ose donc vous prier d’épouser leur cause.

Cette ville dont vous connaissez la situation topographique et centrale a obtenu de sa Majesté (par décret du 18 août 1810) le Siège des Assises du Pas-de-Calais. Cette centralité lui avait fait obtenir, en l’an 4, le Siège de la Cour de Justice Criminelle du même Département : celui des Etats majors de l’Armée a été dû en partie à cette considération.

La fixation des Assises, quoique si justement acquise, ne laisse d’être aujourd’hui jalousée par la Ville d’Arras qui voudrait faire oublier qu’elle occupe le point extrême du ressort administratif dont elle est le chef-lieu, en dépit de toutes les considérations d’intérêt public.

Il n’est pas possible de croire, je l’avoue, que cette Ville puisse fasciner les yeux des Autorités Supérieures, au point de lui faire exprimer, comme elle et avec elle, le vœu de la transformer aussi en chef-lieu judiciaire. Un premier abus n’en peut légitimer un second, et certes, le premier n’eut point eu lieu, si les rênes de l’Etat eussent reposées en 1790 entre les mains du héros qui nous gouvernait…

Je vous supplie, Monseigneur, dans le cas où les prétentions de la Ville d’Arras parviendraient jusqu’aux pieds du Trône de sa Majesté, de vouloir bien éclairer sa religion. Le mémoire joint à cette lettre (mémoire que je viens d’avoir l’honneur d’adresser à LL. EE. les Ministres de l’Intérieur et Grand Juge) éclairera parfaitement la vôtre. Recevez, dès maintenant, le tribut de reconnaissance de la Cité qui aime tant à se rappeler des jours où vous l’honoriez de votre présence et permettez-moi de joindre à ce sentiment, l’hommage de la haute considération…

(Un petit rappel : Arras avait été sous l’Ancien Régime le siège du Conseil d’Artois, d’où sa prétention de rester un chef-lieu judiciaire.)

* Beauvais est plus proche de Paris que de Lille…

 

Saint-Omer 1810 – le passage de l’empereur

Hier, en continuant la lecture des registres de la correspondance municipale, j’ai découvert quelques lettres relatives au passage de l’empereur et de son épouse à St-Omer. Ci-dessous le relevé de trois de ces lettres.

Lettre du 8 mai 1810 (n° 4039)

Vous êtes averties par la Commission du Corps Municipal qu’il est probable que leurs majestés passeront en cette ville du Jeudi au Vendredi au plus tard; en conséquence, vous êtes invitées de vous mettre en mesure pour être prêtes à vous réunir au Cortège des Demoiselles qui se rassemblera à l’heure qui vous sera indiquée postérieurement, chez Monsieur POILLON-DEHANON.

Costume exigé

Robe de taffetas blanc, revêtu d’une robe de crêpe blanc, bordée d’un ruban large de satin blanc uni, non froncée. Souliers et bas de soie blancs, coiffure simple en cheveux. Ceinture de ruban de satin blanc liée sur le devant, et un choux sur le derrière de la robe, avec une guimpe en tulle uni, avec garniture légère dentelé.

aux Demoiselles

DEBLAIRVILLE

JACQUEMONT
LAMOUSSAYE DEMARQUOI
GHYS PELET Eléonore
DECROOS cadette VANEECHOUT
BOUBERT nièce de Mme HELLEMANS
DELALEAU aînée BLANCHART
HERBOUT DELATTRE EUDES
HARACHE Angélique DESLYONS
CARON-BOUDRY Sophie VASSEUR-DELAMER
HEMART … SOHIER
CAUCHE-DECHOSAL WATTRINGUE
LEFEBVRE Flore ENLART
THOMAS DUBOIS
MASSE-CAFFIERI

LEROY de GOUVET

(Il s’agit de filles de notables de St-Omer, dont certaines ont pour père des membres du conseil municipal.)

Lettre du 25 Mai 1810 au sous-préfet (n° 4096)

Le Corps municipal a été fortement … (despacté ?) par le Corps des Pompiers de cette Ville le jour du passage de L.L. M.M. dans nos murs, il avait commencé par un acte d’insubordination en ne se rendant pas auprès de lui ainsi que le prescrivait le programme.

A l’arrivée devant le même corps du premier peloton de cette Garde, l’officier a eu la malhonnêteté de refuser le salut de l’Epée aux Magistrats de la Cité. Je fis alors appeler le Chef pour m’en plaindre et ne devoir m’attendre à un … (despect ?) nouveau.

Cependant un autre peloton arriva bientôt avec le drapeau ; le Corps municipal était encore réuni près l’arc de triomphe et n’eut pas encore de salut, ni d’Epée, ni de Drapeau. Tous ces détails ont été suivis de beaucoup d’autres qui ne laissent pas douter que de mauvaises têtes avoient travaillés les Pompiers ce jour-là. Je pense, M. le sous-Préfet qu’une pareille conduite ne peut demeurer impunie ; n’estimez pas qu’en soit le cas de réunir le Conseil Municipal à ce qu’il vous expose lui-même ses griefs et vous demande la punition des principaux coupables.

(La lecture de deux mots n’est pas évidente. Aucune définition n’a été trouvée dans les dictionnaires consultés. Il pourrait s’agir d’un mot ayant la même racine que respect, mais un sens opposé.)

Lettre du 30 mai 1810 à Mr ROY-MORNINCQ

J’ai reçu votre lettre du 29 courant par laquelle vous donnez votre démission du Chef des Pompiers. Je regrette de ne pouvoir l’accepter, attendu que le Corps municipal a prononcé votre révocation dans sa séance du 28 de ce mois.

(Le hasard m’a permis de découvrir le même jour un ouvrage déposé à la bibliothèque de Saint-Omer, ‘Histoire des Sapeurs-pompiers et de lutte contre les incendies à St-Omer des origines de la cité à nos jours…’ ; dans ce livre, l’incident n’est pas évoqué et, au lieu de révocation, il est simplement indiqué que le Chef des Pompiers avait démissionné suite à sa nomination comme économe de l’Hôpital Général.)

Sur ce voyage de Napoléon, j’ai trouvé sur le Net la page suivante

http://home.nordnet.fr/~rgombert/Meteren/III-15%20Napoleon.htm

Saint-Omer 1808 & 1809

Aujourd’hui, en poursuivant la lecture de la correspondance municipale, j’ai trouvé plusieurs textes intéressants. Ci-dessous la transcription de deux d’entre eux :

2627 – 19 octobre 1808

Lettre du maire de St-Omer au sous-préfet

Depuis plusieurs jours, erre sans azile, dans les rues et sur les places de la Ville, une malheureuse veuve d’un brave soldat décédé au Champ d’honneur à la Bataille d’Eilau et chargée de trois enfants. J’avois d’abord pensé de placer les deux plus âgés à l’hôpital général de cette ville destiné à recevoir les enfants sans secours du côté de leurs parents. Cependant, malgré mes invitations et instances réitérées, Messieurs les administrateurs se refusent obstinément à les y faire admettre sous prétexte de certaines formes violées. En conséquence, j’ai pris parti de les faire conduire par un sergent au dit hôpital avec injonction à l’Econome de les recevoir et de les y placer provisoirement jusqu’à ce que les autorités supérieures aient prononcé.

Dans le fond, Monsieur, il seroit honteux que les fils d’un citoyen qui a scellé de son sang la Victoire mémorable remportée par l’Empereur se trouvassent sans ressource et sans appui, au milieu d’un Empire illustre, agrandi et glorieux sous la domination d’un tel maître, et au sein de leur propre patrie, puisque leur mère est native de Saint-Omer. Tels sont les motifs qui m’ont fait prendre cette mesure, violente peut-être, mais nécessaire dans cette circonstance, et je vous prie de vouloir bien approuver ma conduite et de prendre en considération le sort de ces malheureux enfants, si dignes sous ce rapport de toute votre considération.

(Un second article, le n° 2639 donne le nom du soldat, le Sr BRAILLY

3114 – 3 mai 1809

Proclamation

Le maire par intérim de cette ville informe qu’une coalition d’ouvriers existe dans cette ville, qu’elle tend à forcer les maitres à une augmentation des salaires sans qu’il existe aucun motif raisonnable qui justifie cette revendication, prévient les ouvriers qu’ils ayent à rejoindre sur le champ leurs ateliers et qu’ils doivent continuer leurs travaux aux heures fixées par les anciennes ordonnances.

Les auteurs et instigateurs de cette coalition coupable qui ne rentreront pas dans leurs devoirs seront poursuivis avec vigueur, conformément aux lois.

Il est enjoint aux maîtres et chefs d’ateliers de remettre dans les 24 heures au greffe municipal la liste nominative de ceux de leurs ouvriers qui ne seront pas rendus à leurs travaux, afin de les livrer à toute la rigueur des lois.